Et puis le train arriva. Ces chevaux étaient vapeur. Sa vitesse annonçait des années inventives, où le progrès ne resterait pas à quai. Il fallait embarquer derechef et se laisser conduire par cette machine vrombissante. Les artistes peintres ne s’en priveraient pas. Ils dégringoleraient de Montmartre et ses moulins à Saint Lazare et sa gare, pour s’emparer, ailleurs vers l’ouest, des paysages, des rues, des hommes et des femmes. Prométhée déchaînés, ils se gaveraient de lumière, de couleurs, de formes immobiles ou mouvantes, des méandres lascives de la Seine aux falaises brutales de Normandie. Des « archipels flottants enlacés sur les eaux » de Leconte de Lisle, au « pâtre promontoire au chapeau de nuées » de Victor Hugo, tout ferait sens, matière, alibi, pour désengoncer l’art pictural et ouvrir tant de chemins.

Sur la butte, ils s’étaient tant enivrés de gouttes d’or, ce vin de roi élevé sur la pente lutécienne, comme ils avaient succombé aux charmes de la fée verte, cette absinthe assommoir des nuits sans matin. Les chenapans de l’art s’étiolaient parfois, quand ils ne s’abimaient, au bout de ces embuscades troubles. Encanaillés dans les cabarets et autres tripots où régnaient des chats maigres et noirs et quelques gueuses goulues et divines, ils voulaient désormais se frotter à des infinis silencieux, des paysages muets, des rencontres fortuites. Les Cézanne, Monet, Courbet, Boudin, Renoir, Degas, Bazille, Pissarot, d’autres encore, ont alors ressenti l’impérieux besoin de prendre le large et d’aller s’y nourrir.

Ils suivraient la douce pente du fleuve pour aboutir aux vagues. Les impressionnistes, associés ou solitaires, s’égayeraient de jardins épanouis en villages resserrés, de plaines ouvertes en ports calfeutrés, d’amitiés turbulentes en complicités taiseuses.

Natures mortes, paysages, portraits, s’empileraient dans une profusion féconde et installeraient, dans le plus grand désordre revendiqué, des noms dans la mémoire picturale. Avec Montmartre, Auvers, Giverny, Honfleur, Etretat accéderaient à ce Panthéon à construire cette troupe d’insoumis, qui, avec une palette pour seule arme, bousculeraient, jusqu’à la démesure, la peinture.

Le siècle voulait qu’on avançât. Les impressionnistes le prirent au mot, au grand galop. Ils illumineraient un jour tant de musées au monde. En ces années pressées, ils ont trouvé entre Ile de France et Normandie, les puits sans fond qui allaient étancher leur génie. 

INFORMATIONS VISITEURS


Les  portes du parcours culturel du Château d’Auvers

VISION IMPRESSIONNISTE
“NAISSANCE & DESCENDANCE”

ouvrent du mardi au dimanche et les jours fériés
de 10h à  17h de janvier au 31 mars 2019
de 10h à  18h du 1er avril au 30 septembre 2019

À NOTER
Les S
amedis 22 et 29 juin 2019 
Fermeture exceptionnelle du parcours culturel à 17h (dernière entrée)


ACTUALITÉ 

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SAVE THE DATES
Les Dimanches 16 & 30 mai : Les Midis du Festival au Château 
Vendredi 28 juin 2019 : Cinem’art projection plein air du film documentaire Visages, Villages d’Agnès Varda et JR

Samedi 21 & 22 septembre 2019 : Journées Européennes du Patrimoine 
Du 21 septembre au 20 octobre 2019 : Exposition Land Art par Emmanuelle Briat
Samedi 12 et dimanche 20 octobre : Sorties nature
Mercredi 16 & samedi 19 octobre : Visite des Bois


BON PLAN

Entrée libre et gratuite du Parc & des Jardins
du Château d’Auvers