Et Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) fit erreur. Particulièrement lorsque l’ancien élève de Jacques-Louis David (1748-1825), qui avait été fortement influencé par le néo-classicisme, écrit : "La touche, si habile qu'elle soit, ne doit pas être apparente : sinon elle empêche l'illusion et immobilise tout. Au lieu de l'objet représenté elle fait voir le procédé, au lieu de la pensée elle dénonce la main". Les impressionnistes s’inscriraient en faux par toutes leurs audaces et en bousculant les règles. Se libérer du carcan de l’académisme, leur vaudra de payer le prix de leurs chaînes brisées. Ils sont exclus des salons, vilipendés par la critique, ignorés longtemps du public.

En cette époque incertaine (1848-1870), où la France balbutie son Histoire entre empire et république, le néo-classicisme, le romantisme, le réalisme encore, se réfèrent dans leur grand ensemble aux principes exigeants de l’Académie et des Beaux-Arts, passage obligé pour faire admettre ses œuvres et vivre de son art.

Il faudrait donc d’abord, comme l’avait théorisé au XVIIème siècle André Félibien architecte et secrétaire de l’Académie royale, sacrifier à la hiérarchie des genres. D’abord s’imposera aux artistes la peinture d’histoire, de la religion à la mythologie en passant par les fresques d’épopées antiques. On usera de grands formats. Il y va de la morale qu’il faut exalter. Les scènes de la vie quotidienne, les portraits, les paysages et les natures mortes seront subalternes. eIls viendront donc dans cet ordre, et supporteront de plus petits formats.
Puis principe éminemment contesté par les impressionnistes la primauté du dessin dans l’œuvre d’art. Si Charles Blanc (1813-1882), académicien français, membre de l’académie des Beaux-Arts, concède que la couleur est essentielle en peinture, elle passe après le dessin : "L'union du dessin et de la couleur est nécessaire pour engendrer la peinture, comme l'union de l'homme et de la femme pour engendrer l'humanité ; mais il faut que le dessin conserve sa prépondérance sur la couleur ». Et de prédire, imprudemment, « S'il en est autrement, la peinture court à sa ruine » (Grammaire des Arts du dessins, 1867).

Il convient encore pour le peintre d’approfondir l’étude du nu comme sous l’antiquité ou pendant la renaissance.

On privilégiera le travail en atelier où se réaliseront les compositions. Seule l’ébauche des sujets est tolérée hors des murs. Et c’est encore Ingres qui précise une autre astreinte, l’œuvre doit impérativement être « achevée » : "La touche, si habile qu'elle soit, ne doit pas être apparente : sinon elle empêche l'illusion et immobilise tout. Au lieu de l'objet représenté elle fait voir le procédé, au lieu de la pensée elle dénonce la main". Une seule voie enfin s’impose pour parvenir à cette maîtrise « l’imitation des anciens ». C’en est trop pour ceux qui vivent au rythme des palpitations désordonnées du siècle. Ils iront leurs chemins de traverse avec leurs épreuves et leurs réussites.  

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