Rien a priori ne désignait cette bourgade d’un peu plus de 1500 habitants, comme villégiature idéale, pour ceux qu’on appellerait « Les Impressionnistes ». En cette seconde partie du XIXème siècle Auvers, que le pointillisme administratif ne désigne pas encore « sur Oise », est une petite ville de Province comme en décrivaient alors dans leurs pages, Flaubert, Maupassant ou Stendhal. Une dizaine d’auberges y accueillent les journaliers des fermes, les maçons, les forgerons, les menuisiers qui sirotent, amarrés aux comptoirs en zinc, le Giblet des côteaux de l’Oise ou quelques piquettes d’Argenteuil. Auvers a tant de malheurs à oublier, elle qui fut frappée, depuis les Mérovingiens et au travers des siècles, par les inondations, ouragan de grêle, peste et autre choléra. Jusqu’aux chasses du prince de Conti qui infestèrent de gibier ses champs et ses bois.

Et puis vint le progrès, et Auvers rompit avec l’éloignement qui la séparait de la turbulente capitale. La ligne de chemin de Fer porta à une heure de trajet les trente kilomètres qui séparaient cette petite ville somnolente de Paris. On y vint y retrouver « le bon air » de la campagne et des champs. On descendait alors d’un des dix trains, qui déboulaient quotidiennement des gares Sain- Lazare ou du Nord, pour quelques parties de campagne vivifiantes et autant d’heures de canotage au fil de l’eau.

C’est justement sur cette Oise tranquille et paresseuse, où il faut s’attarder lorsque le soir s’allonge entre 17 et 19h, qu’un certain Charles François Daubigny engagea, en 1860, son bateau-atelier qui glissa jusqu’à Auvers.  Il devait y planter son chevalet durablement, et avec lui les Camille Pissarro ou Paul Cézanne. D’autres encore viendront.

Le destin d’Auvers serait donc en partie celui des Impressionnistes. Les artistes croisaient, les jours de marché, les paysans venus marchander les récoltes de ce plateau du Vexin fécond où vignes, avoine ou blé nourrissaient, avec les bestiaux, les familles.

Et même si le train apportait désormais quelques vins de la vallée du Rhône, c’est vers la fée verte, l’absinthe, que nos peintres en goguette champêtre, se tournaient pour abreuver leur imaginaire, autant que leurs conversations enfumées.

Le bourg Rural s’encanaillait sans excès, et l’auberge d’Arthur Ravoux était un carrefour obligé pour ceux qui avaient abandonné la prison des ateliers de Montmartre pour se frotter, en toute liberté, aux belles rudesses de la nature. Dans cette ville immobile, ils allaient trouver le mouvement des éléments, les couleurs changeantes du jour, les horizons toujours recommencés.

En cette maison Ravoux s’attardèrent tant de talents, mais c’est Vincent Van Gogh venu chercher soins et réconfort chez le docteur Paul Gachet, qui signerait là un bail pour l’Histoire. En 1890, il posa ses bagages, chambre 5, d’où il parlait en de longues lettres d’Auvers et du docteur Gachet, à son frère Théo. Il arrivait de Saint Rémy de Provence et d’un pénible internement. Il se brisa au travail et laissa de ce temps auversois 70 toiles, avant de se blesser mortellement d’un coup de feu au milieu d’un champ. Il agonisa entre ces murs et cet « honnête homme » que le docteur Gachet considérait comme un « géant de l’art » reposa en Paix dans le beau cimetière d’Auvers. Là où la lumière est parfois ardente et souvent douce.       

INFORMATIONS VISITEURS


Du 1 er octobre 2018 au 31 mars 2019

Les  portes du parcours culturel du Château d’Auvers

VISION IMPRESSIONNISTE « NAISSANCE & DESCENDANCE »

ouvrent de 10h à 17h 

Fermeture annuelle
du samedi 22 décembre 2018 au lundi 14 janvier 2019 inclus