La naissance de l’Impressionnisme

Les Impressionnistes à la conquête du public

En 1863, le jury du Salon est particulièrement sévère dans ses choix. Pour apaiser le mécontentement de ces « refusés », Napoléon III décide de leur donner la possibilité d’exposer leurs toiles au Palais de l’Industrie, qui accueille alors d’un côté le Salon Officiel, et de l’autre le Salon des Refusés, (le Palais de l’Industrie sera ensuite détruit pour préparer l’exposition universelle de 1900, il laissera place au Petit et au Grand Palais).

Le public ne se gène pas pour critiquer les oeuvres présentées dans ce Salon « à part », et raille notamment Le déjeuner sur l’Herbe d’Edouard Manet, dans lequel il voit la représentation scandaleuse d’un nu féminin.

 

La naissance de l’Impressionnisme

A la même période, Claude Monet fréquente l’atelier de Charles Gleyre où il fait la connaissance d’Auguste Renoir, Alfred Sisley et Frédéric Bazille. En Normandie, il apprend à peindre en plein air. Ses premières oeuvres, de grandes dimensions, reçoivent l’indifférence du public, car leur technique d’exécution, par petites touches rapides et fragmentées, laissent une impression d’inachevé. En 1869, Monet et Renoir travaillent ensemble sur les rives de la Seine. Au même moment, Edgar Degas se forge un style propre en s’éloignant des sujets académiques.

Le 27 décembre 1873, les futurs impressionnistes se retrouvent à Paris pour fonder la « Société Anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs ». Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Edgar Degas, Berthe Morisot, Camille Pissarro et Henri Rouart figurent parmi les membres fondateurs. L’année suivante, la première exposition est inaugurée dans l’ancien atelier du photographe Nadar, 35 boulevard des Capucines. Les exposants, qui ont choisi de ne présenter aucune oeuvre au Salon sont alors conscients de rompre avec la peinture académique. La critique se déchaine contre les oeuvres présentées, et rares sont les intellectuels qui osent défendre le nouveau style.

L’article de Louis Leroy, paru dans Le Charivari du 25 avril 1874, donne son nom au mouvement : en observant le tableau Impression, soleil levant, de Monet, le critique forge le mot « impressionniste ».

 

De nombreuses caricatures paraissent dans les journaux, accompagnées de légendes satyriques. Elles donnent l’image de peintres hystériques terrorisant le public. L’encre coule pour noyer la peinture moderne…

 

Entre 1874 et 1886, huit expositions collectives seront organisées par le groupe des Impressionnistes.

 

Marchands, collectionneurs et ventes publiques

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le Salon reste, pour un artiste, le meilleur endroit pour exposer ses oeuvres et lui permettre de connaître un réel retentissement. Pour les protagonistes restés à l’écart des circuits officiels, l’apparition des collectionneurs offre de nouvelles perspectives. Les galeries se multiplient et les salles des ventes sont de plus en plus fréquentées.

 

Le père Tanguy fut l’un des premiers marchands à s’intéresser aux Impressionnistes et à jouer, à leur égard, le rôle de protecteur et de mécène. Certains collectionneurs amateurs, parmi lesquels le fonctionnaire des douanes Victor Chocquet, apprécient également les oeuvres des Impressionnistes et se font les promoteurs de leur art en convainquant marchands et autres connaissances d’investir dans ces artistes. Le galeriste Paul Durand-Ruel témoigne d’un exceptionnel esprit d’ouverture aux nouvelles tendances de la peinture, et expose les Impressionnistes dès 1869.