Le monde de la scène et l’agitation des cafés

Le café concert – La vie de café

 

Plus loin, ambiance cabaret. Le rouge Opéra domine. Des images vidéo de chansonniers sont projetées, le spectacle est aussi vrai que nature, grâce à des hologrammes. L’ambiance est à la fête, au french-cancan et aux cafés concerts. Les chansons fusent, Jane Avril mène la danse !

Jolie reconstitution d’un bistrot de l’époque : ici, rien ne manque, jeux de cartes, tabatières, verrerie, bouteille, tables, photos, sans oublier tous les accessoires pour s’adonner au rituel de l’absinthe, prisée par toutes les couches sociales et notamment par ceux qui voulaient oublier leur misère.

« La fée verte » fut prohibée en 1915 en raison des méfaits qu’elle provoquait.

 

Scènes parisiennes

A la fin du XIXe siècle, Sarah Bernhardt est la reine incontestée des scènes parisiennes. A l’Opéra, dans les théâtres ou les cafés-concerts, nombreuses sont les actrices, danseuses et chanteuses qui se disputent le coeur des Parisiens. Vedette du Moulin-Rouge, la Goulue est l’une des plus célèbres danseuses de french cancan. La chanteuse Yvette Guilbert et la danseuse Jane Avril font également partie des « stars » de ce temps. Leur souvenir est conservé dans les oeuvres de Toulouse-Lautrec exécutées dans les années 1890.

 

Eclairages de scènes, instants pris sur le vif

Edgar Degas, attiré par les jeux de lumières artificielles et spectaculaires, choisit de représenter une chanteuse de café concert en 1878 à travers un point de vue rapproché et des effets d’ombre et de lumière qui soulignent ses traits. Cafés et salles de concert figurent parmi les sujets préférés du peintre. Il démontre ainsi son habileté à concevoir des cadrages surprenants. Ces images semblent prises sur le vif et révèlent l’apport du procédé photographique.

 

La vie de café

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les cafés et brasseries s’imposent comme nouveaux foyers de la vie sociale. Ecrivains et artistes s’y retrouvent en fin de journée pour discuter art, littérature, politique, commenter les dernières nouvelles et échanger leurs impressions.

Dans le quartier des Batignolles, le café Guerbois réunit, autour d’Edouard Manet, écrivains, critiques, musiciens, et presque tous ceux qui donneront naissance à l’Impressionnisme. A partir de 1875, ils délaissent le Café Guerbois pour la Nouvelle Athènes, située place Pigalle, non loin des ateliers de Renoir et de Degas.

Les Impressionnistes, inspirés par l’ambiance particulière de ces lieux, en représentent des scènes qui paraissent sortir tout droit des romans de Zola. On y perçoit une humanité singulière et désespérée, qui constitue la face sordide des nuits parisiennes. Ce sentiment de solitude s’exprime clairement dans La Prune (1878) de Manet : le portrait d’une élégante bourgeoise seule, assise à la table d’un café devant son verre, les yeux dans le vague.