Le règne de l’Académie

Plus loin, des brouhahas s’élèvent de la salle, l’Académisme triomphe, les Impressionnistes sont raillés. Camille Corot, Charles-François Daubigny, Jean-François Millet, Théodore Rousseau sont les précurseurs du mouvement. Gustave Courbet provoque, heurte. Peindre ce que l’on voit, sans ambigüité, ni fioritures ni idéalisation : c’est une révolution !

L’Académie triomphe

Au milieu du XIXe siècle, le monde de la peinture est dominé par l’Académie des Beaux-arts, qui contrôle à la fois le Salon, l’exposition officielle des artistes vivants et l’Ecole des Beaux-arts. Cette institution forme les jeunes peintres selon un programme très rigide : l’étude de grandes oeuvres du passé et la représentation de modèles vivants, interprétés selon les canons du Classicisme.

L’Antiquité classique reste le modèle de référence car ses sujets (femmes au bain, nymphes, Vénus sortant des eaux) sont prétexte à la représentation de figures nues, sans heurter la morale du public.

Les artistes représentatifs de l’Académisme comme Théodore Chassériau, Jean-Auguste-Dominique Ingres ou Alexandre Cabanel sont surnommés « pompiers » en raison des mises en scènes grandiloquentes et artificielles de leurs oeuvres.

L’Ecole de Barbizon, premiers pas vers l’Impressionnisme

En 1863, deux paysagistes sont élus parmi les jurés des Beaux-arts : Camille Corot et Charles François Daubigny. Ces peintres, rattachés à l’école de Barbizon, manifestent les premiers signes de rupture avec l’Académisme. Réunis autour de Jean-François Millet et de Théodore Rousseau, ce groupe de peintres, installé dans un petit village à la lisière de la forêt de Fontainebleau, s’inspire des paysagistes anglais et hollandais du XVIIe siècle. Ils représentent la nature telle qu’elle s’offre à leurs yeux et délaissent leur atelier pour aller peindre en plein air, c’est pourquoi on les considère souvent comme les précurseurs de l’Impressionnisme.

Gustave Courbet et le Réalisme

Pendant l’épisode de la Commune de Paris, en 1871, le peintre Gustave Courbet est élu représentant du peuple. Il est alors le promoteur d’une assemblée générale d’artistes qui réclame l’abolition des Académies et propose de mettre les oeuvres du Louvre en lieu sûr afin de les protéger de la fougue révolutionnaire. Provocateur, il heurte le conformisme du public dès les débuts de sa production artistique. Il souhaite peindre ce qu’il voit et représente les sujets de l’actualité sans ambiguïté, fioritures, ni idéalisation : l’enterrement d’un homme ordinaire, les paysans, les casseurs de pierre ou les mendiants.