L’univers des courtisanes et des maisons closes

Secrets d’alcôve, l’amour tarifé. Une voix égrène ce que sont devenues les filles de joie du quartier de Montmartre, peintes par Henri de Toulouse-Lautrec. Asiles pour les unes, mariages fortunés pour les autres, maladies pour la plupart, l’univers sordide et intime de ces femmes, liées aux cabarets, bals et maisons closes, émeut.

 

Secret d’alcôve – l’amour tarifé

 

Henri de Toulouse-Lautrec

Henri de Toulouse-Lautrec fait de Montmartre son quartier de prédilection. Il y fréquente cabarets, bals et maisons closes. Pour les représenter, il utilise, en fonction du sujet ou de la destination de l’oeuvre, diverses techniques : crayon, peinture sur toile, peinture à l’essence sur carton, lithographie. Il expose un grand nombre d’oeuvres sur ces sujets entre 1891 et 1895.                                                                                                               Familier des maisons closes, le peintre nous offre un véritable reportage sur cette société marginale. Il minimise l’aspect érotique ou vulgaire et livre les moments de la vie intime de ces femmes. Il décrit leur univers quotidien, du croquis à la scène de genre. Les corps, à peine modelés, sont suggérés par l’emploi de quelques tons chair et disparaissent sous un vêtement ou un drap. Toulouse-Lautrec aime à retenir un geste, une attitude, un moment d’intimité ou de tendresse ou encore à traduire un état d’âme.

 

Edgar Degas

Edgar Degas s’intéresse également aux maisons closes, notamment dans une suite de monotypes cyniques, presque expressionnistes. Il représente également les danseuses de l’Opéra de Paris, tantôt sur scène, tantôt dans les salles de répétition. Voir l’envers du décor et surprendre les scènes fugitives sont des idées qui le séduisent.

 

Edouard Manet

En 1865, Edouard Manet provoque l’indignation avec Olympia, un portrait de son modèle favori dont la composition et le traitement pictural sont inspirés des grands maîtres. Ignorant ces références, le public n’y voit qu’une scène contemporaine et anecdotique : une prostituée parisienne parée de bijoux, qui paresse sur un lit en compagnie d’un chat noir, tandis qu’une domestique lui apporte le bouquet de fleurs d’un admirateur. Douze ans plus tard, il réitère le scandale en représentant Nana, hommage à l’héroïne du roman de Zola : l’oeuvre est jugée scandaleuse et le tableau est refusé par le jury du Salon. En effet, Nana vêtue d’un déshabillé, ne fait appel à aucune référence à la tradition classique et s’affiche effrontément en fixant le spectateur. De manière générale, les portraits de femmes à leur toilette, chers aux impressionnistes, sont tenus pour inconvenants.