Vie mondaine et vie ouvrière

Les lumières de la mode

 

La mode, prétexte aux jeux de couleurs et de lumière

A Paris, capitale mondiale de la mode dans les années 1880-1890, chaque saison a sa loi, dictée par les grands noms comme Worth, Redfern ou, un peu plus tard, Paul Poiret. L’influence des grands magasins, qui introduisent des vêtements plus sobres et plus pratiques, est d’abord sensible chez les bourgeois, puis dans les couches plus populaires.

De leur côté, les peintres Impressionnistes s’intéressent surtout aux atouts de la bourgeoisie. Leurs tableaux sont des défilés de mode où les femmes s’habillent chez les grands couturiers. Les toiles dans lesquelles apparaissent des figures humaines sont nombreuses, mais ne constituent pas réellement des portraits. Ce qui intéresse les peintres, ce sont les effets de lumière sur les tissus et les vêtements, ou bien le contraste des robes immaculées avec la végétation.

 

Vêtements et accessoires

Attiré par les scènes de la vie mondaine, aucun lieu n’échappe au regard inquisiteur d’Edgar Degas. Dans la toile intitulée Chez la modiste (1882-1886), il restitue avec habileté l’atmosphère de la boutique. Les chapeaux occupent le premier plan, et la jeune femme est reléguée au second.

Pour une femme de l’époque, sortir sans chapeau serait comme se promener nue. La femme l’aime fleuri, noué sous le menton si elle est mariée. Pendant du chapeau, l’ombrelle multicolore qui virevolte à la belle saison est également fort appréciée. Côté robes, la crinoline n’est plus à la mode. Le pouf, soutenu par une structure baleinée, avec volume de gaze et de mousse, fait la taille élancée ainsi qu’une belle cambrure. Il est cependant très encombrant dans les transports et canots. Le dimanche, les femmes leur préfèrent des robes moins larges.

 

Le labeur des ouvrières

Parallèlement, les patrons paient une misère les ouvrières de la mode, bien que celles-ci ne comptent pas leur nombre d’heures. A Paris, les loyers sont plus chers qu’en banlieue, mais les logements sont parfois infects. Blanchisseuses, couturières, repasseuses ou lingères se prostituent parfois, en cachette, pour compléter leurs revenus, au risque de contracter une amende, ou même d’aller tout droit en prison. On perçoit la difficulté du labeur de ces femmes dans l’oeuvre de Degas intitulée Les repasseuses (1884), où l’une des deux femmes, en train de bailler, semble éreintée.